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Marqueterie

Marqueterie

Le bois de thuya (Tris articuta), l'arbre le plus répandu à Essaouira. Ce bois, aussi appelé callistris ou arar. Il est relativement rare donc très recherché des artisans.

Le bois du thuya semble proche de celui du genévrier et du cyprès. On utilise surtout les racines de l'arbre, naturellement sculptées de motifs par la nature (c'est ce qui lui donne son aspect précieux).

Malgré la présence d'une petite plantation encore très jeune et interdite à l'exploitation aux portes de la ville, on ne trouve pas de forêts de thuya aux environs immédiats d'Essaouira. Les exploitations de bois se situent à une dizaine de kilomètres de là. Les souches et les troncs sont acheminés jusqu'à la médina où ils sont répartis dans des dépôts de bois ainsi qu'à la coopérative des marqueteurs. C'est ici que les artisans viennent s'approvisionner. Les dépôts de bois se situent dans la ville nouvelle. Le bois y arrive brut. A la coopérative, au centre de la médina, il est débité pour une vente au détail. Chaque bois est marqué et seules les personnes habilitées peuvent en faire le commerce.

 La rareté de ce bois en fait une ressource naturelle dont l'exploitation est très réglementée. Le service des eaux et forêts est en charge de surveiller et limiter l'exploitation du thuya. Aujourd'hui on ne peut acheter du bois qu'à la coopérative et aux dépôts de bois, la distribution pouvant être ainsi contrôlée au mieux (le braconnage est sévèrement puni). Ces dernières années la production a explosé. Parallèlement les belles loupes se sont raréfiées et ont été soumises à réglementation. Cette situation particulière a entraîné une chute des marges des artisans, aujourd'hui menacés.

Le travail minutieux des marqueteurs est particulièrement réputé à Essaouira depuis l'Antiquité. Ils utilisent donc ce bois très présent aux alentours de la ville mais aussi très rare, le thuya. Racines et loupe, plus noueuses que le tronc, veinées de flammèches qui leur confèrent un charme particulier, sont employées pour les plus belles pièces. Difficile à travailler en larges surfaces car il a tendance à éclater, l'arar est surtout utilisé en placage. Les motifs, le plus souvent réalisés en citronnier, très pâle, et en ébène de Macassar, à la profonde couleur noire, avec des ajouts de nacre, des fils d'argent ou même d'aluminium, se détachent élégamment sur le fond brun-rosé du thuya, délicatement parfumé. Polissage et vernis assurent la finition de l'ouvrage. Ces dernières années, la production a explosé entraînant une raréfaction des belles loupes et une baisse de la qualité du travail. La demande n'a pas suivi et les prix ont chuté, menaçant à terme la survie de nombreux artisans.

Des petites boîtes à bijoux aux énormes statues, l'éventail des objets réalisés en thuya est presque infini. Les plus belles réalisations présentent parfois de curieux motifs naturels qui correspondent au grain du bois des racines de thuya.